Comment trouver un manager ?

Trouver un manager est une étape qui intervient rarement au début d’une carrière. Un manager se rémunère à la commission sur les revenus de l’artiste : pour qu’il puisse s’investir et être réellement utile, le projet doit déjà générer suffisamment d’activité et de revenus pour que la relation soit viable des deux côtés. Chercher un manager trop tôt, avant d’avoir construit un minimum de base, est souvent improductif.


Quand est-il pertinent d’en chercher un ?

Avant de chercher un manager, il est utile de se poser quelques questions : le projet génère-t-il déjà des dates de concert, des revenus, une communauté d’auditeurs ? Y a-t-il assez d’activité pour qu’un manager ait des leviers sur lesquels agir ? Est-ce que les tâches de coordination et de stratégie deviennent réellement un frein à la création ?

La grande majorité des artistes, notamment en début de carrière, n’ont pas besoin d’un manager au sens formel du terme. Beaucoup gèrent eux-mêmes leur développement, s’entourent progressivement de prestataires ponctuels et font appel à un manager uniquement lorsque le projet atteint un niveau de complexité qui le justifie.


Les différentes façons de trouver un manager

Via l’entourage proche : certains artistes commencent avec un ami ou un proche de confiance qui assure informellement les fonctions de manager. L’avantage est la confiance et l’engagement personnel. Le risque est de confier cette responsabilité à quelqu’un sans expérience de l’industrie. Cette solution peut fonctionner dans un premier temps, à condition que la personne soit organisée, dotée d’un bon sens du relationnel et disponible.

Via le réseau professionnel : la grande majorité des collaborations avec des managers se nouent par des rencontres dans la filière, des recommandations d’autres artistes ou de professionnels connus en commun. La règle dite des trois contacts illustre ce principe : un manager prêtera bien plus facilement attention à un projet lorsque trois personnes différentes lui en auront parlé. Jouer régulièrement, inviter des professionnels, fréquenter les événements de l’industrie : tout cela crée les conditions d’une rencontre naturelle.

Par démarchage direct : il est possible de contacter un manager directement, en lui envoyant une présentation concise du projet, quelques titres et une biographie. L’approche doit être personnalisée et sobre : se renseigner sur les artistes qu’il représente, s’assurer que le style musical est cohérent avec son catalogue, et formuler une demande de retour plutôt qu’une sollicitation trop frontale.

Via les événements professionnels : festivals professionnels comme le MaMA, salons, journées de rencontre organisées par les pôles régionaux. Ces espaces sont conçus précisément pour que les artistes et les professionnels se rencontrent dans des conditions favorables.


Choisir le bon manager

Un manager doit croire pleinement au projet qu’il représente. L’intensité de l’investissement que demande ce métier suppose une confiance totale dans le potentiel de l’artiste. Un manager qui ne croit pas vraiment au projet ne sera pas efficace, quel que soit son niveau d’expérience.

Il faut aussi s’assurer que le profil du manager correspond aux besoins du projet : son réseau, ses spécialités, ses ambitions géographiques, les artistes qu’il représente déjà, sa disponibilité. Un manager spécialisé dans la musique électronique ne sera pas forcément le bon interlocuteur pour un projet de chanson française, même s’il est par ailleurs très compétent.


Point de vigilance

Avant de signer un mandat de gestion de carrière, il est important de bien lire et comprendre les clauses du contrat : durée, exclusivité, taux de commission, définition précise des missions, conditions de résiliation. Un contrat de management mal négocié peut avoir des conséquences durables sur l’autonomie de l’artiste. Le recours à un avocat spécialisé en droit musical est recommandé avant signature.

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