Quel est le rôle du tourneur ?

Le tourneur est la structure qui prend en charge l’exploitation d’un spectacle après sa création : il monte la tournée, recherche les dates, négocie les conditions financières avec les lieux de diffusion et assume la responsabilité d’employeur à l’égard du plateau artistique. Les fonctions de production de spectacles et de tournée sont généralement exercées par la même structure.


Production et tournée : deux fonctions distinctes

La structure productrice investit dans la création du spectacle. Elle finance le montage artistique et technique (résidences, répétitions, préproductions scéniques) et réunit les moyens nécessaires : financements, coproductions, partenaires.

La structure de tournée prend le relais une fois le spectacle prêt. Elle recherche les dates, monte la tournée, mobilise les réseaux de diffusion et gère l’intégralité de la logistique : déplacements, transports, hébergements, restauration des équipes. Elle assume le coût d’exploitation de la tournée (salaires, frais artistiques, techniques et administratifs) et est responsable de l’embauche du plateau artistique. En pratique, ces deux fonctions sont le plus souvent assurées par la même structure.


La licence d’entrepreneur de spectacles

Toute structure qui produit ou exploite des spectacles vivants doit détenir une licence d’entrepreneur de spectacles. Il en existe trois catégories : la licence 1 pour les exploitants de lieux, la licence 2 pour les producteurs de spectacles, la licence 3 pour les diffuseurs. Une structure de tournée a besoin des licences 2 et 3.

La licence s’obtient via une déclaration en ligne auprès du Ministère de la Culture. Une des personnes physiques de la structure doit justifier d’un bac +2, d’une expérience professionnelle d’au moins 6 mois dans le spectacle, ou d’une formation d’au moins 125 heures. Un récépissé est remis à l’issue de la déclaration, qui devient valide dans le mois suivant si aucun retour invalidant n’est reçu.

Les structures dont le code APE est dans le champ du spectacle vivant (9001Z) doivent détenir une licence dès la première représentation. Les autres structures en sont dispensées en dessous de 7 représentations par an.


Les contrats du spectacle vivant

La relation entre une structure de tournée et un lieu de diffusion se formalise par l’un des contrats suivants.

Le contrat de cession est le plus courant. La structure de production fournit le spectacle clé en main contre un prix de cession fixe. Elle embauche le plateau artistique. La structure diffuseuse met à disposition le lieu, assume l’accueil du public et la promotion, et encaisse les recettes de billetterie.

Le contrat de coréalisation fonctionne sur un partage des risques et des recettes. La structure de production fournit le spectacle et perçoit un pourcentage des recettes de billetterie, assorti généralement d’un minimum garanti. La structure diffuseuse met à disposition le lieu et partage les recettes selon le pourcentage défini contractuellement.

Le contrat de location permet à la structure de production d’assumer simultanément le rôle de diffuseur : elle loue le lieu, embauche le plateau artistique et encaisse les recettes de billetterie.


Embaucher les artistes

Toute personne qui se produit sur scène dans le cadre d’un spectacle est présumée salariée de la structure productrice. Elle doit signer un contrat d’engagement et percevoir un cachet. Cette obligation s’applique quel que soit le niveau de notoriété de l’artiste et quelle que soit la taille de l’événement. Un artiste ne peut pas facturer sa prestation scénique via une auto-entreprise à la place d’un contrat salarié.

Pour les structures dont l’activité principale n’est pas le spectacle vivant (bars, associations occasionnelles), le GUSO (Guichet Unique du Spectacle Vivant) simplifie les démarches administratives d’embauche en regroupant l’ensemble des déclarations et cotisations en un seul document.


Point de vigilance

Un artiste intermittent qui exerce un mandat social au sein de sa propre structure (gérant de SARL, président d’association) risque de perdre ses droits à l’assurance chômage. Le lien de subordination nécessaire au contrat salarié ne peut pas exister si l’artiste est simultanément dirigeant de la structure qui l’emploie. Ce point est à anticiper soigneusement lors de la création d’une structure de production.

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