Tout savoir sur la synchro musicale

La synchronisation désigne l’utilisation d’une oeuvre musicale associée à des images en mouvement : film, série télévisée, publicité, jeu vidéo, contenu en ligne. C’est une source de revenus significative pour les artistes, mais aussi un levier de visibilité capable d’exposer une musique à des millions de personnes qui ne l’auraient pas découverte autrement.


Comment fonctionne une synchro

Lorsqu’une production souhaite utiliser un morceau existant, elle doit obtenir deux types de droits distincts.

La licence de synchronisation couvre la composition musicale (mélodie, paroles, accords). Elle est négociée avec l’auteur-compositeur ou son éditeur.

La licence master couvre l’enregistrement sonore spécifique. Elle est négociée avec le producteur phonographique (le label ou l’artiste si celui-ci est autoproduit).

Ces deux droits représentent chacun une part équivalente du budget alloué. Pour une synchro dont le budget est de 10 000 euros, 5 000 euros reviennent à la partie master et 5 000 euros à la partie éditoriale. Chaque partie reverse ensuite à ses ayants droit selon les termes de leurs contrats respectifs.

Pour un artiste indépendant qui est simultanément auteur-compositeur, interprète et producteur, c’est un avantage : il détient les deux droits et peut proposer une licence dite « one-stop », ce qui simplifie considérablement les négociations pour la production.


Les revenus d’une synchro

Les montants varient considérablement selon le type de production, le territoire, la durée du contrat et la notoriété de l’artiste. Pour des productions indépendantes à petit budget, il peut s’agir de quelques centaines d’euros. Pour des publicités nationales ou des séries sur des grandes plateformes, les montants peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Des campagnes publicitaires mondiales peuvent dépasser cette fourchette.

À ce forfait initial s’ajoutent les droits d’auteur générés par la diffusion, collectés par la SACEM auprès des diffuseurs (télévisions, radios). Ces droits peuvent être significatifs si la production est très diffusée, mais proches de zéro pour des formats uniquement en ligne.


Qui s’occupe de trouver les synchros

Le superviseur musical est le professionnel chargé, au sein d’une production audiovisuelle, de sélectionner et d’obtenir les droits sur les musiques utilisées. C’est lui qui écoute les propositions, répond aux briefs du réalisateur ou du directeur artistique et négocie avec les ayants droit.

Pour atteindre ces superviseurs, plusieurs voies existent : passer par un éditeur qui dispose d’un réseau actif dans ce domaine, soumettre sa musique à des agences spécialisées en synchronisation, l’intégrer à des bibliothèques musicales en ligne, ou établir un contact direct. Les superviseurs préfèrent souvent travailler directement avec des artistes indépendants plutôt qu’avec de grandes structures : les négociations sont plus simples et les budgets plus adaptés.


Se préparer à la synchro

Pour maximiser ses chances d’obtenir des placements, un artiste doit s’assurer que ses droits sont clairement identifiés et documentés : qui détient la composition, qui détient le master, les deux droits sont-ils disponibles sans restriction ? Une musique dont les droits sont partiellement cédés ou mal documentés sera difficile à licencier.

Les versions instrumentales d’un titre sont souvent plus recherchées pour la synchro que les versions avec paroles, car elles laissent davantage de place aux dialogues ou à la narration. Il peut être utile de les produire systématiquement.


Point de vigilance

Créer de la musique uniquement dans le but d’obtenir des placements en synchro au détriment de son authenticité artistique est un risque : les superviseurs cherchent souvent précisément des univers singuliers et reconnaissables, pas de la musique fonctionnelle sans personnalité. L’approche la plus durable consiste à créer d’abord selon ses propres intentions artistiques, puis à identifier les opportunités de synchro que le catalogue peut naturellement saisir.

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