Choisir un agrégateur

L’agrégateur est un prestataire technique qui permet à un artiste ou un label de mettre sa musique en ligne sur les plateformes de streaming sans passer par un distributeur traditionnel. Contrairement au distributeur, qui sélectionne les projets avec lesquels il travaille et se rémunère sur les ventes, l’agrégateur est accessible à tous et se facture sous forme d’abonnement ou de paiement à l’acte.


Les modèles tarifaires

Il existe plusieurs types d’offres selon les agrégateurs.

Le modèle le plus courant est un abonnement annuel par référence, qui permet de conserver 100% des royalties. Le tarif de base tourne généralement autour de 30 euros par an pour un album et moins pour un single. Certains agrégateurs proposent à l’inverse de ne prélever aucun abonnement mais de prendre une commission sur les revenus, souvent entre 15 et 40%. D’autres encore proposent un paiement unique sans renouvellement annuel.

Le choix du modèle dépend du volume de sorties prévu et de la régularité de production. Un artiste qui sort plusieurs projets par an aura intérêt à opter pour un abonnement global plutôt qu’un paiement à la référence.


Les critères de choix

Avant de s’engager avec un agrégateur, plusieurs points méritent d’être comparés attentivement.

Les plateformes couvertes : la plupart des agrégateurs livrent les grandes plateformes mondiales, mais certains excluent des services spécifiques ou des territoires. Il faut vérifier que les plateformes prioritaires pour le projet sont bien incluses.

La création des codes ISRC : chaque enregistrement doit disposer d’un code ISRC, identifiant unique indispensable pour le suivi et le versement des droits. Certains agrégateurs le créent automatiquement, d’autres le facturent en option.

La monétisation YouTube via le Content ID : ce service permet de toucher des revenus chaque fois que la musique est utilisée dans une vidéo YouTube par un tiers. Il n’est pas systématiquement inclus et peut être proposé en option payante.

Les délais de reversement des royalties : ils varient considérablement d’un service à l’autre, de quelques semaines à six mois. Un artiste qui dépend de ces revenus doit en tenir compte.

Les frais cachés : certaines modifications de métadonnées après mise en ligne, l’enregistrement d’un nom de label ou des mises en ligne urgentes peuvent être facturées séparément. Il faut lire les conditions générales avant de s’inscrire.


Les services complémentaires

Au-delà de la simple mise en ligne, certains agrégateurs proposent des services additionnels : soumission des paroles aux plateformes, outils de promotion en ligne, écoute par des directeurs artistiques, ou accès à des statistiques avancées. Ces options peuvent faire la différence selon les besoins du projet, mais elles ne doivent pas faire oublier les critères fondamentaux.


Point de vigilance

Une fois un titre mis en ligne, il est très difficile de corriger une erreur dans les métadonnées. Le nom de l’artiste, les crédits des auteurs et compositeurs, et le titre de la sortie doivent être vérifiés scrupuleusement avant toute validation. Une erreur non corrigée peut affecter le référencement du projet et le versement des droits pendant toute la durée d’exploitation.

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